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Sauvons Jacques Servier - par Gérard Biard - Charlie Hebdo N°969 - 12/01/11

Des forces obscures sont à l'œuvre autour du 22, rue Garnier, à Neuilly-sur-Seine. L'immeuble abrite le siège des laboratoires Servier, victimes depuis plusieurs mois d'une campagne médiatique orchestrée par une nébuleuse malfaisante... Une campagne indigne. Car Jacques Servier est un brave homme. Certes, il a été maurrassien et partisan de l'Algérie française. Mais qui n'a pas été jeune ?

D'abord, le fondateur du deuxième laboratoire pharmaceutique français et heureux papa du célébrissime Mediator, cet inutile médicament qui aurait déjà fait cinq cents morts selon les estimations officielles et trois selon les organisateurs, est un patron social et protecteur comme on n'en fait plus. Ce n'est pas chez lui que les employés apprendraient leur licenciement immédiat par simple message téléphonique, comme c'est arrivé en décembre dernier à 1700 salariés américains de son concurrent et numéro un français, Sanofi-Aventis... Au contraire, à l'heure où tous les labos dégraissent à tour de bras malgré des bénéfices records, lui accorde une augmentation générale de 3,5 % pour fêter la nouvelle année.

Bien évidemment, la réussite de ce chef d'entreprise exemplaire, qui a fait inscrire dans ses locaux la devise
« Où est l'amour des humains, là est aussi l'amour du métier », engendre toutes les jalousies et toutes les cabales. Dans les années 90, on avait voulu l'abattre une première foi avec, déjà, de fallacieuses allégations sur la létalité d'un de ses médicaments phares, l'Isoméride, que les conspirateurs voués à sa perte avaient finalement réussi, à force de manœuvres et de pressions, à faire retirer du marché en 1997.

Les droits-de-l'hommistes germanopratins de la CNIL avaient également tenté de le discréditer avec une histoire de fichage intempestif du personnel et d'anciens policiers et barbouzes engagés pour mener des enquêtes de moralité très poussées. Heureusement, saisi de l'affaire, le parquet de Nanterre, flairant la méchanceté gratuite, avait, dans sa grande sagesse, enterré le dossier... Et voilà qu'aujourd'hui on s'attaque une fois de plus à l'un de ses best-sellers, le Mediator, 145 millions de boîtes vendues en France, sans compter les prescriptions hospitalières...

Comment s'étonner que Jacques Servier finisse par craquer et dénonce le gigantesque complot
« mafieux » qui le vise ? Les bonnes âmes - jusqu'à Xavier Bertrand - s'indignent lorsque cet homme qui aime la précision souligne, à propos des victimes de son bébé chéri, qu' « il ne s'agit que de trois morts. Les autres avaient déjà des valvulopathies ». Mais personne ne songe à prendre la défense d'un pauvre petit pépère de 88 ans, proie des sombres agissements d'une organisation souterraine composée de l'INSERM, de l'institut Gustave-Roussy de Villejuif, du ministère de la Santé, de la Caisse nationale d'assurance maladie, de plusieurs agences sanitaires et d'une ligue de médecins ingrats et de cardiaques aigris. Une conjuration de surcroît soutenue par le Figaro, toujours à l'affût d'un ragot susceptible de déstabiliser une entreprise française : ce torchon gauchiste a révélé la semaine dernière qu'en octobre 2009 un rapport interne des laboratoires Servier avait conclu à un lien de cause à effet entre le Mediator et des valvulopathies, et que le labo s'était contenté de modifier la notice...

Dans ce torrent de fiel, une chose, malgré tout, nous rassérène : quand on voit avec quelle pugnacité et quelle énergie il affronte ses ennemis, on est heureux de constater qu'au moins Jacques Servier, lui, n'est pas malade du cœur.

Gérard Biard

 
Article Charlie Hebdo du 12/01/11

Le site officiel de Charlie Hebdo

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Un journal de France 2 coloré en noir, en jaune, en arabe... - Le Canard enchaîné

« Voici maintenant une étude qui va sûrement faire grand bruit, lance David Pujadas, le 16 septembre dernier, au 20 heures de France 2. Le reportage qui suit fait un tabac dans les milieux d'extrême droite surtout : ce jour-là, le jité de la chaîne publique consacre six minutes trente au bouquin d'Hugues Lagrange, sociologue et chercheur au CNRS, « Le déni des cultures » (Seuil). Un livre qui prétend démontrer que certaines » minorités ethniques » , jeunes d'origine africaine et maghrébine en tête, sont surreprésentées dans la délinquance française. Et que le facteur culturel joue à plein tube dans ce constat... Bref, un sujet télé très frais par les temps qui courent.

Pendant les doctes explications du reporter de la Deux sur les couleurs de la délinquance, six portraits, pas franchement choisis au hasard, défilent à l'écran : ceux d'hommes et de femmes plutôt bronzés ou asiatiques, balancés en gros plan à la tête du téléspectateur. Des clichés de personnes concernées par l'étude et qui auraient accepté que France 2 utilise leur image ? Pas du tout : il s'agit tout bonnement de photos de salariés de la chaîne piochées dans les archives de la rédaction et projetées à leur insu. elles avaient été prises à l'occasion d'un précédent sujet, bien moins sulfureux, sur les richesses de la diversité française...

En découvrant leur trombine dans le nouveau reportage sur la délinquance, les intéressés, qui n'avaient pas été avertis, s'étranglent. Deux techniciens antillais, pestent dans leur coin sans oser aller se plaindre à la direction... Un jeune d'origine maghrébine, journaliste au service culture de France 2, se contente d'une franche explication avec sa direction. Seulement voilà : une de ses collègues, d'origine maghrébine également, apprécie beaucoup moins sa soudaine célébrité et surtout la suite des événements.

Ce reportage est en effet rediffusé dans son intégralité sur TV5 Monde. Puis il ne tarde pas à atterrir sur internet, en bonne place dans les pages d'accueil de sites fachos, à commencer par celui du Front national de Seine-Maritime ou de sympathiques groupuscules du même tonneau. Le 14 octobre, l'avocat de cette jeune femme adresse une mise en demeure à France 2, histoire d'obtenir une indemnisation. Réponse très classe de la chaîne : la jeune femme est reçue un mois et demi plus tard, le 30 novembre, par Yannick Letranchant, bras droit du nouveau patron de l'info, Thierry Thuillier, en présence de la direction du personnel. Un entretien au cours duquel, après quelques vagues excuses, elle se voit généreusement proposer 1 000 euros pour oublier ce malencontreux incident. Résultat : ces jours-ci une plainte va être déposée contre France 2 pour atteinte au droit à l'image.

C'est Pujadas qui avait raison : voici une histoire qui va sûrement faire grand bruit. Maintenant...

Christophe Nobili
 

Article du Canard enchaîné du 05/01/11

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